collection privée

 



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Plessix Madeuc 2012

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encre sur papier Fabriano 200g - 204x150cm

 

"Une part importante de la singularité du travail de Sandra Plantiveau se joue dans son rapport au dessin. Elle y met une exigence et une rigueur qui produit une relation particulièrement physique et subtile à tous les sujets qu'elle observe et représente.
La rencontre entre la dimension terrienne de son travail et un territoire comme celui du Plessix-Madeuc pouvait laisser penser que le regard de l'artiste allait se poser sur un granit, une ruine, des talus et labours alentour, que ses dessins laisseraient apparaître sédimentations et strates conjuguant plusieurs registres du plus massif au plus subtil.
La confrontation au lieu, le temps qui s'écoule l'ont finalement conduite à porter son attention vers « le dedans » du dessin.
Ce qui semblait s'offrir comme un terrain propice à une lecture personnelle du paysage environnant est devenu un regard tourné vers l'intérieur, un questionnement sur la nature même du dessin, comme si pour marcher droit et loin il fallait sonder le sol sur lequel le trait se pose. Dès lors toute son attention s'est concentrée sur la ligne et sa répétition. Dans ce geste infini où s'accumulent les traits, la feuille se remplit lentement d'un réseau fin et dense où se révèle la volonté de l'artiste de couvrir et de creuser la surface afin de lui donner une autre matérialité.
Le temps se révèle ici comme l'un des outils constitutifs de son projet. Il est une mesure comme les dimensions de la feuille en sont une autre et il situe le travail dans un rapport intime au corps et à son endurance.
En ce lieu de résidence s'affirme ainsi une démarche qui s'élabore avec la matière et la durée, Sandra Plantiveau définissant là le tracé d'une géographie personnelle où se rejoignent la physique et l'espace propres au dessin."

Didier Mencoboni
semaine #50.12 , éditions Analogues